Daphné le Sergent

Photographe

Cette artiste est recommandée par le critique Mathieu-francois-du-bertrand.

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Présentation de Daphné le Sergent

Biographie de Daphné le Sergent

Née en 1975 à Séoul. Vit et travaille à Paris. Doctorat en Esthétique, Sciences et Technologie des Arts,
spécialité Arts Plastiques et Photographie (Paris 8), DEA Histoire de l’art (Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Le travail de Daphné le Sergent

History is another day, 2011
De nombreux observatoires, encore parfois utilisés par les militaires, longent la frontière entre la Corée du
Sud et la Corée du Nord. Ces salles présentent une vision panoramique sur le paysage qui n’est pas sans
rappeler l’écran de cinéma. Pour les sud-coréens, regarder le paysage au travers de ces vitres, c’est à dire
regarder le paysage lointain de la Corée du Nord, ne relèverait pas d’une simple observation des choses mais
proposerait à tout spectateur une projection : projection de souvenirs, projection de ce qu’on peut connaître
de l’histoire et de la guerre de Corée, projection des récits de personnes qui ont vu leurs familles séparées
lors de ces événements. Ceci n’est pas sans évoquer le dispositif cinématographique où l’image, l’imaginaire,
l’histoire ou le document sont projetés sur l’écran blanc de la salle de spectacle. La situation impliquée par la
frontière et ces observatoires en appellerait à une sorte de « regard aveugle», un regard qui n’appréhende pas
tant l’objet direct de la perception mais qui se laisse saisir par la force d’une histoire intériorisée.

D’aussi loin que je, tu, il peut voir, 2011
Photographie-dessin, Tirage argentique et mine de plomb/baryté, 22 x25 cm

Entre photographie et dessin, ces images transforment les sources dont elles ont été tirées, des archives sur la
guerre de Corée (1950-53) menant à la division du pays. Les documents photographiques apparaissent à la
manière d’images mnémoniques renvoyant à une vision subjective et individualisée des événements
historiques. Le titre de la série, « d’aussi loin que, je, tu, il peut voir » évoque les rapports différents et
surtout la distance que les coréens du Sud entretiennent avec la guerre de Corée, guerre au bout de laquelle
s’est cristallisée la frontière: les anciennes générations se sentent souvent proches et impliquées par cet
événement lointain tandis que les jeunes générations se montrent parfois plus éloignés de la question.

Le mot du Critique d’Art

« Le travail de Daphné Le Sergent s’organise autour d’une esthétique du trouble : ses images semblent provenir de souvenirs qui s’enlacent, tirés de mondes affabulés, enlevés aux soupirs et aux affres de l’Histoire, Histoire dont elle n’hésite pas à reprendre les clichés comme autant d’empreintes arrachées à la folie des siècles. Il en résulte un univers saccadé, qui entremêle les techniques et dévoile à peine son jeu, dont elle multiplie les approches par la vidéo, la photographie ou le dessin. »

Mathieu François du Bertrand

Critique d'Art