Jean-Charles Quillin

Peintre

Cet artiste est recommandé par le critique Christian Noorbergen.

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Présentation de Jean-Charles Quillin

Le travail de Jean-Charles Quillin

Ecoutes camarade

JE PEINS CAR MES REVES SONT IMPARFAITS.

Et je n’ai que l’instant pour me contredire, et les dires de la réalité pour me parfaire.

Le mot du Critique d’Art

Jean-Charles Quillin

ses êtres de ténèbres

Œuvre rare. L’une des plus denses qui soient. Un univers de chaos souterrain s’emplit sourdement d’un fabuleux magma de chair et de mystère. Langue sombre et décalée, sidérante, enfouie. Dure présence d’entités en tenue d’apparat, en solaires surgissements arrêtés.

Jean-Charles Quillin est un magicien sorti de l’antre, il vit dans la nuit originelle des corps, et leur très longue immense sortie des ténèbres. Tout l’or des nuits tremble sur leur peau, et même les lumières ont cessé de faire semblant. Acculés à leur abîme, immobilisés de solitude, ces êtres sont là comme s’ils avaient toujours été là. Nés d’une aristocratie, et traversés de nuit, ils affrontent.

La nostalgie des faste d’avant-hier, et celle de la Renaissance fantasmée des couleurs, toute cette féerie formidable hante à cœur les sombres peintures de Jean-Charles Quillin, ce fragile et implacable prince des origines de la vie et de la mort. Ses êtres posthumes brûlent d’une vie interminable, car ils ont survécu à leur mort. Ils sont les servants mystérieux d’un rite impossible, les témoins sublimes de nos rêves perdus, et leur regard troue sans fin l’étendue. Unis à la nuit, et vêtus d’elle, ils ne verront jamais le jour. Ils sont nos frères d’espoir et de désastre, nos proches cachés de l’en deçà, obscurs, durs, précaires, contemplatifs. Aux abois de l’âme. Essentialisés. Aux aguets du monde. Ils ruinent les dessous de nos bienséances, et saccagent fort nos apparences.

Ils vivent dans des lieux de vertige. Leur chair enfouie semble sourdre des profondeurs de la toile. Ils sont la fin de l’humanité, et dans l’attente infinie d’une autre. On dirait des juges, des êtres de partage et de destin.

La matière de cette œuvre inquiétante est sans fond, insondable et taraudante. On la dirait immensément travaillée du dedans, et creusée par des siècles d’oubli. On dirait de terribles traces, depuis toujours abandonnées. On dirait d’étranges trésors humains.

Ses talismans d’or hantent une terre inconnue.

Christian Noorbergen

Christian Noorbergen

Critique d'Art